8h14, station souvenir.

Seule contre toi, la vie suspendue,

Le métro entre 2 arrêts, stoppé pour cause de tendresse.

8h17, station visage.

Tes cheveux trop longs, cachant tes yeux envoûtants,

Si doux au toucher, si indisciplinés, si tentants

Que ma main ne peut y résister.

8h21, station étreinte.
Tes bras protecteurs; mon refuge à moi,
Calmant telle une douce musique,
Envahissant telle une chaleur dévorante,

Aimant telle la caresse d'une mère.

8h24, station soleil.
Ton rire franc, joyeux aux oreilles, possède sur moi
Une attraction si forte, si gaie, si merveilleuse
Qu'une bulle de tendresse se gonfle en moi à chaque souffle.

8h27, station ivresse.
Tu es partout : dans mon coeur, mes yeux, mes pensées,
Mes rêves, mes gestes et paroles...
Où n'apparais-tu pas ?  Dans mes cauchemars, peut-être ?
Ou tout simplement dans mon passé si affreusement vide
Et dénué de sens, dénué de toi...

 8h29, terminus des rêves.

Destination réalité : je descends, je t'attends.

Delphine

 

Écrite dans le cadre d'un concours de lettres d'amour organisé en 1994 à l'intention des jeunes (de 14 à 24 ans) utilisateurs du métro de Bruxelles.
Extrait de "Lettres d'amour" - Guy Samson

 

 

 

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