Les
Grecs identifiaient la couleur comme étant l'harmonie universelle.
Pythagore disait qu'il se servait de la musique, de la poésie et de la
couleur pour guérir. Ce n'est qu'à partir des Grecs que l'on a
commencé à s'intéresser aux aspects physiques de la couleur.
Vers 400 ans avant Jésus Christ, à partir d'Hippocrate, le père de la
médecine, la médecine se sépare en deux clans.
Le
clan des mystiques était celui qui continuerait de poursuivre la
recherche des secrets de la vie par les lois divines de la création;
celui des cliniciens viendrait à bout de la maladie par l'investigation
des maladies elles-mêmes.
Celcius
pratiquait la médecine et avait une attitude plus pratique qu'occulte
face à la couleur. Par exemple, il prescrivait la médication avec la
couleur en tête : il remarquait que certains onguents aux couleurs
précises avaient des vertus de guérison. Dans ses observations, la
couleur rouge appliquée en onguent cicatrisait les blessures plus
rapidement que les onguents de couleurs différentes.
Plus
tard, vers 1 000 ans après Jésus-Christ, un Arabe d'Islam du nom
d'Avicenne écrivait un document appelé les " Canons de la
Médecine ". D'après lui, la couleur était aussi importante pour
diagnostiquer que pour guérir. La couleur de la peau, de l'urine, des
yeux et des excréments signifiait quelque chose et indiquait la nature
exacte de la maladie et également celle de la cure. Il disait que
l'homme, comme les plantes, sèche lorsqu'il a perdu ses couleurs. Il
utilisait le rouge à profusion parce que selon lui, cela stimulait le
sang : il conseillait donc des potions de fleurs rouges. Les potions de
fleurs jaunes guérissaient les problèmes de foie et de vésicule biliaire.
Au
début de la Renaissance, l'alchimie, avec ses mystères et ses secrets,
plaçait l'art de la guérison au premier plan. Parmi les alchimistes et
guérisseurs de ce temps, Paracelce s'y distinguait comme étant un des
plus grands. Il disait que le vrai but de l'alchimie n'était pas de
transmuter le plomb en or mais bien de préparer des médicaments
efficaces. Selon lui, un sang pauvre et contaminé était à la racine
de toute maladie. On rapporte qu'il guérissait une multitude
d'infections dont l'apoplexie, l'épilepsie, la migraine, l'insomnie, la
paralysie, la mélancolie, la fièvre, les ulcères, les palpitations du
coeur, la gangrène, la peste, les troubles rénaux, etc... Il nota
:
«
La couleur et la lumière sont vitales. Tout ce qui brille de couleur
et de lumière a la nature de la vie et la propriété de la lumière
est de produire la vie »
Paracelse
croyait que la maladie était causée par un manque d'harmonie avec les
lois naturelles. Les cures qu'il prodiguait étaient connues à travers
l'Europe. Il utilisait la couleur, les vibrations de la musique, les
élixirs de couleurs et les herbes. Il recommandait une diète saine et
croyait également aux invocations. À cette époque, il encourageait
lui-même fortement les cliniciens à retourner aux choses spirituelles
et divines, dans leur façon de voir. Il est considéré comme l'un des
pères des médecines douces.
Après
lui sont venus Vesalius, l'anatomiste, Lewenbock et son microscope, et
Pasteur. Selon eux, la maladie était causée par une armée de
microbes. L'homme croyait pouvoir enfin maîtriser les forces qui le détruisaient;
le pouvoir résidait à l'intérieur de lui au lieu d'être dans
l'infini du cosmos. Cette façon de voir existe encore aujourd'hui.
L'intérêt
de la thérapie par la couleur a diminué avec l'avènement de la chirurgie
moderne, le développement des antibiotiques et la guerre contre les
microbes.
Vers
la fin du XIXième siècle, deux Américains, S. Pancoast et
E.D. Babbitt ont contribué à faire revivre temporairement la thérapie
par la couleur auprès des professionnels de la santé. Pancoast était
médecin; il soignait ses patients en se servant de fenêtres de
couleurs à travers lesquelles passait la lumière du soleil. Selon lui,
un grand nombre de personnes se sont guéries d'une multitude de
maladies grâce à cette thérapie. En 1877, S. Pancoast publia un livre
intitulé "Blue and Red Light". Dans ce livre, il
explique entre autres, comment il utilisait la couleur rouge pour
stimuler le système nerveux et la couleur bleu pour le calmer. À cette
époque, la chromothérapie et les chromothérapeutes ont pris une
certaine ampleur.
De
son côté, E.D. Babbitt, (un penseur médecin) combinant l'art et la
science, écrivait un livre de renommée mondiale : "The
Principes of Light and Color", publié en 1878. Certaines des
doctrines de cet ouvrage sont encore appliquées de nos jours. Il disait
que plus nous pénétrons à l'intérieur des lois de la lumière et de
la couleur, plus elles s'avèrent être un emmagasinage de
pouvoirs vitalisants pour guérir et stimuler l'homme. Selon lui,
l'atome était l'épicentre de l'univers et la couleur était produite
par son extraordinaire fonctionnement. Il associait le rouge au centre
de la chaleur, le principe actif de l'hydrogène; le jaune étant le
centre de la lumière, principe actif du carbone; le bleu, centre de
l'électricité, est le principe actif de l'oxygène. Depuis, ces
notions ont quelques peu changé.
Dans
sa thérapie par la couleur, il devait y avoir unité et équilibre. Une
condition physique chaude devait être équilibré par une couleur
froide; une condition physique froide devait être équilibrée par une couleur
chaude.
Il
fut l'un des premiers à expérimenter qu'en travaillant avec la couleur
sur le corps vibratoire, des changements survenaient dans le corps
physique. Babbitt utilisait la même technique que Pancoast. Il
travaillait aussi avec une source de lumière artificielle et des
filtres de verre coloré.
D'autres
continuèrent l'ouvrage de Babbitt. V. Dodson Hessey, d'Angleterre
écrivait :
«
L'importance de la couleur est qu'elle peut influencer tous les
différents aspects de l'être humain, le physique, les émotions,
le mental et l'esprit ».
Il
utilisait la couleur dans le but de produire l'harmonie et la santé.
Plus la vibration des couleurs était élevée, plus elle touchait les
émotions et l'esprit; plus la vibration était basse, plus elle touchait
le corps et les instincts. Il croyait qu'un jour, toutes les maladies
seraient classifiées par leur longueur d'ondes et contrebalancée par
la couleur grâce à des calcul mathématiques.
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